Par Sam SHERIF
Le 14 mai dernier, il c’est passé 65 ans jour pour jour depuis que les Palestiniens avaient perdu la plus grande partie de leur territoires et s’étaient vus obligés de s’en séparer et de commencer leur grand exode fuyant les terroristes sionistes des organisations para-militaires la Hagana, l’Irgoun et le Lehi (groupe Stern) qui n’hésitaient pas à brûler et détruire des villages en entier pour éliminer tous les habitants arabes de la Palestine et faire fuir ceux qui échappaient au massacre, sous la menace des armes et des bombes. Cet exode allait s’accentuer après la défaite totale des armées arabes accourues sur les lieux pour soutenir leurs frères
palestiniens qui manquaient d’hommes et d’armement face à des hordes de sionistes venant de tous les coins du monde leur voler leur terre bénéficiant de l’appui en sous-mains des britanniques et de l’occident en général.
C’est à la suite du vote du fameux Plan de partage de la Palestine par L’ONU le 29 novembre 1947, qu’une véritable guerre éclate entre sionistes et arabes, car auparavant, les arabes de Palestine ne répondaient que peu aux incurssions sionistes en raison de leur faiblesse militaire. La situation dans laquelle se trouvait la communauté juive de Jérusalem constituait un des points faibles des sionistes. La
ville située dans la zone arabe suivant le plan de partage est en effet isolée au cœur du territoire sous contrôle palestinien. Dès janvier 1948, la principale faction arabe palestinienne, Jayche Al Jihad Al Moukadas, commandée par feu Abdelkader El Husseini assiège la ville de Latroun empêchant ainsi le passage des convois de ravitaillement entre Tel-Aviv et Jérusalem.
Les palestiniens tenaient bien la région en dépit de quelques infiltrations sionistes qui tentaient de briser ce siège. Mais c’est le massacre de Deir Yassine perpétré par des bandes de la Hagana conduite par le terroriste Chamir, et l’Irgoun conduit par le criminel Begain le 9 avril 1948, qui marqua la date du début de la débâcle palestinienne et cet exode massif vers l’est de Jérusalem et par la suite vers les Etats arabes limitrophes.
Selon les observateurs et les historiens, ce massacre avait eu des répercussions importantes sur la suite du conflit, notamment en favorisant l’exode massif des palestiniens, terrorisés par l’idée de subir le même sort, et en augmentant la pression sur les dirigeants arabes des pays voisins pour intervenir dans le conflit. Les Britanniques qui avaient un mandat sur la Palestine firent leur départ le 14 mai, départ qui ne s’était accompli qu’une fois que ces derniers étaient sûrs de la supériorité des sionistes auxquels ils
cédèrent positions, armes et munitions. C’est ce jour-même qui a servi à Ben Guerioun pour faire la déclaration dite d’indépendance de l’Etat d’Israël. Et c’est ce jour même que commémorent les palestiniens et les arabes comme étant le jour de la Nakba (la catastrophe).
Cette catastrophe, s’était traduite par l’exode de plus de 750 milles palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants. La résolution 194 de l’ONU dispose que « les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible ».
Une deuxième Nakba s’est produite lors de la guerre des six jours en juin 1967 lorsque l’Etat sioniste attaqua l’Egypte, la Syrie et la Jordanie facilitant aux troupes sionistes l’envahissement du Sinaï, de la Ci-Jordanie et du Golan, avec en soutien les aviations américaine et britannique stationnées dans des bases en Libye. Ce fut encore une catastrophe pour tous les arabes et particulièrement les palestiniens qui perdirent ainsi l’ensemble de leur territoire et se trouvèrent de ce fait colonisés et acculés à supporter les activités sionistes d’expropriation de
leurs terres, d’expulsion de leurs maisons et d’humiliation au quotidien. Une autre vague d’exode commença ainsi pour nombre d’entre eux, cette fois-ci à un rythme et une ampleur moins importants que lors du premier exode.
Les gouvernements israéliens se sont tous opposés à l’application du droit au retour, au nom du caractère juif de l’Etat. Les responsables palestiniens exigent la reconnaissance par Israël du « principe » de ce droit, tout en se déclarant prêts à en négocier les modalités d’application.
La commémoration de la « Nakba » qui suivit la création de l’Etat d’Israël en mai 1948, n’a pas cessé depuis lors d’avoir lieu. Chaque année, elle est célébrée avec des manifestations en Palestine sous occupation et dans le
monde arabe avec plus au moins d’ampleur. Chaque année cette célébration connait son lot de deuils, de ressentiments et d’espoirs renouvelés. Depuis quelque temps, elle est célébrée dans une ambiance d’une toute autre grande Nakba, celle que connait à présent le monde arabe par suite de la destruction de l’Irak, des révolutions manquées en Tunisie, en Egypte, et en Libye toutes affaiblies, et la guerre civile qui déchire le dernier pays qu’Israël redoutait.
Les événements dramatiques que connaissent ces pays qui; auparavant soutenaient chacun à sa façon, le peuple palestinien, ont réduit la célébration de ce malheureux anniversaire à sa plus simple expression. L’action criminelle du Qatar, de l’Arabie Saoudite et certains pays occidentaux consistant à provoquer des troubles dans tous les autres pays arabes, s’est soldée par une généralisation de cette Nakba à tout le monde arabe se trouvant désormais complètement paralysé pour répondre à l’appel des frères palestiniens faisant face tous seuls à l’arrogance de leur occupant.
Sami Shérif